- Sujet : Peut-on revendiquer le droit au bonheur?
- Concepts : Peut-on - revendiquer - le - droit - au - bonheur - 11450 -
- Extrait du corrigé : Veut-il du moins la santé ? Que de fois l'indisposition du corps a détourné
d'excès où aurait fait tomber une santé parfaite, etc. ! Bref, il est incapable
de déterminer avec une entière certitude d'après quelque principe ce qui le
rendrait véritablement heureux : pour cela il lui faudrait l'omniscience. (...)
Il suit de là que les impératifs de la prudence, à parler exactement, ne peuvent
commander en rien, c'est-à-dire représenter des actions d'une manière objective
comme pratiquement nécessaires, qu'il faut les tenir plutôt pour des conseils
(consilia) que pour des commandements (proecepta) de la raison ; le problème qui
consiste à déterminer d'une façon sûre et générale quelle action peut favoriser
le bonheur d'un être raisonnable est un problème tout à fait insoluble ; il n'y
a donc pas à cet égard d'impératif qui puisse commander, au sens strict du mot,
de faire ce qui rend heureux, parce que le bonheur est un idéal, non de la
raison, mais de l'imagination, fondé uniquement sur des principes empiriques,
dont on attendrait vainement qu'ils puissent déterminer une action par laquelle
serait atteinte la totalité d'une série de conséquences en réalité infini »
« Relativement au bonheur,
aucun principe universellement valable ne peut être donné pour loi. Car aussi
bien les circonstances que l'illusion pleine de contradictions et en outre sans
cesse changeante où l'individu place son bonheur (personne ne peut lui prescrire
où il doit le placer) font que tout principe ferme est impossible et en lui-même
impropre à fonder une législation. La proposition : Salus publica suprema
civitatis lex est (1) garde intacte sa valeur et son autorité, mais le salut
public qu'il faut d'abord prendre en considération est précisément cette
constitution légale qui garantit la liberté de chacun par des lois ; en quoi il
demeure loisible à chacun de rechercher son bonheur dans la voie qui lui paraît
la meilleure, pourvu seulement qu'il ne porte aucune atteinte à la liberté
légale générale, par conséquent au droit des autres co-sujets. »
Conclusion partielle et
transition : bonheur et droit semblent dès lors inconciliables
II/ En outre les sociétés
qui proposent un droit au bonheur ne font plus la distinction entre sphère
privée et sphère publique. Qu'en est-il du rapport entre droit au bonheur et
société totalitaire ?
Danger de vouloir
concilier droit et bonheur
KANT
« Personne ne peut me
contraindre à être heureux à sa manière (c'est-à-dire à la manière dont il
conçoit le bien-être des autres hommes), par contre chacun peut chercher son
bonheur de la manière qui lui paraît bonne, à condition de ne pas porter
préjudice à la liberté qu'a autrui de poursuivre une fin semblable (c'est-à-dire
de ne pas porter préjudice au droit d'autrui), liberté qui peut coexister avec
la liberté de chacun grâce à une possible loi universelle.
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