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EXEMPLES DE RECHERCHE
Extrait du corrigé : Il en va de ce que Michel Foucault a su baptiser un « souci de soi » : à propos du bonheur, c'est l'individu, lui seul, qui est interrogé. Déjà la philosophie hellénistique s'empare de ce souci éthique, et plus particulièrement la philosophie épicurienne. Pour Epicure, le bonheur a avant tout un sens empirique : on le ressent avant de le concevoir. Autrement dit on conçoit le bonheur sur la base de nos expériences corporelles et individuelles : ainsi le bonheur, c'est avant tout le plaisir corporel ou le rejet du déplaisir de même ordre ( soit la douleur physique ). Le bonheur s'identifie alors à l'absence de troubles, à commencer par ceux du corps. L'absence de troubles du corps permet à l'âme d'être dans l'ataraxie ( absence de troubles mentaux ). On peut alors et on doit être heureux si l'on suit la loi rationnelle de la nature, c'est-à-dire si l'on se contente d'assouvir des désirs naturels et nécessaires. Le bonheur est à portée de main de tous, réduit est-il à la simple satisfaction des besoins élémentaires du corps. Ce qui pourrait le rendre inaccessible, c'est une mauvaise estimation des besoins et une conception fausse du plaisir. On pourra évidemment s'interroger sur une conception aussi limitative du plaisir et du bonheur : les hommes n'en veulent-ils pas toujours davantage ?
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La morale populaire nous enseigne qu’il ne s’agit pas seulement d’avoir des droits, mais aussi des devoirs. Le devoir en général est moral : il tient compte d’autrui, sinon la notion ne se poserait pas
( nous agirions librement ). Tenir compte d’autrui, c’est lui garantir une satisfaction, un bien-être minimal.
Pourtant, comme le remarque Nietszche, dans sa Généalogie de la morale, le devoir ( exprimable sous la forme d’un « Tu dois… » perpétuel ) est contraignant et même cruel vis-à-vis d’autrui car il ne souffre pas de concessions et ne fait pas de cadeau à autrui : il instaure un rapport de créancier à débiteur ( qui en doit toujours à l’autre ). Si l’un s’y soustrait pour n’agir qu’à sa tête, il devra, encore une fois, le payer de sa vie pour le respect de l’intérêt universel ou général.
Ainsi, si le devoir est une forme cruelle de rapport social, devons-nous faire le bonheur des autres, se soucier d’eux pour notre action ?
Ce qui s’impose à nous est d’assurer notre propre bonheur ; personne ne peut le déterminer à notre place. Cependant, les autres représentent une condition non négligeable pour mon bonheur. Est-ce qu’un pur bonheur égoïste est de notre intérêt ? Le bonheur collectif ou commun satisfait pleinement l’homme : ce serait même pour Aristote son « Souverain Bien ». Pour le réaliser, il s’agirait de concéder certains devoirs, ceux qui concernent l’individu qui sait vivre en société : le citoyen. Par l’intermédiaire du devoir de respect de la loi, nous respectons la réalisation du bonheur de chacun. Mais, dans le fond, si le bonheur ne peut qu’appartenir à chacun, existe-t-il vraiment ? Est-il une fin conciliable entre les individus ? Peut-on individuellement le vivre sans outrage de la part d’autrui ?
Le bonheur ne peut être garanti. Cependant, n’avons-nous pas pour impératif ou pour devoir de garantir notre liberté, condition de détermination de toutes fins? Le devoir de liberté ne doit-il pas être rationnel pour pouvoir échapper à l’esclavage de nos désirs d’utiliser les autres comme nos objets, de façon préjudiciable pour nous ?
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