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Sujet : Connaître rend-il meilleur ?

Extrait du corrigé : S'il lui arrive, sur un point particulier, de légitimer l'opinion, c'est pour d'autres raisons que celles qui fondent l'opinion ; de sorte que l'opinion a, en droit, toujours tort. L'opinion pense mal ; elle ne pense pas : elle traduit des besoins en connaissances. En désignant les objets par leur utilité, elle s'interdit de les connaître. On ne peut rien fonder sur l'opinion : il faut d'abord la détruire. Elle est le premier obstacle à surmonter. Il ne suffirait pas, par exemple, de la rectifier sur des points particuliers, en maintenant, comme une sorte de morale provisoire, une connaissance vulgaire provisoire. L'esprit scientifique nous interdit d'avoir une opinion sur des questions que nous ne comprenons pas, sur des questions que nous ne savons pas formuler clairement. Avant tout, il faut savoir poser des problèmes. Et quoi qu'on dise, dans la vie scientifique, les problèmes ne se posent pas díeux-mêmes. C'est précisément ce sens du problème qui donne la marque du véritable esprit scientifique.

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Définitions

  • meilleur : 1. Supérieur, préférable, digne d'être choisi : pour LEIBNIZ, le meilleur repose sur une sorte de principe d'économie dans l'appropriation des moyens à la fin ; il correspond au maximum d'effets avec le minimum de dépenses ; dans le domaine moral le meilleur est le minimum de mal pour le maximum de bien. 2. Meilleur des mondes possibles : pour LEIBNIZ, Dieu ne crée pas les essences qui tendent toutes avec un droit égal à l'existence ; les existences ne sont pas toutes compossibles ; toute combinaison de compossibles est un monde possible ; le meilleur des mondes est celui « par lequel se réalise la plus grande production de possibles ». 3. Principe du meilleur : pour LEIBNIZ, principe selon lequel Dieu choisit toujours le meilleur, bien qu'il soit totalement libre (c'est une cause inclinante et non nécessitante).

Problématique

Connaître, c’est avoir un jugement vrai sur les choses, leur fonctionnement, leurs causes, leurs constitutions. C’est le but de toute discipline de recherche, par exemple de la philosophie.
Le fait d’être « meilleur » appartient à première vue à un domaine autre que celui du « connaître » : est en jeu dans le fait d’être meilleur la qualité morale de l’homme.
L’enjeu est ici de trouver un moyen de relier ces deux domaines, en mettant en question les différentes efficaces possibles du fait de connaître : ces efficaces ne consistent-elles qu’en une augmentation des contenus de pensée, des quantités de savoirs ? Ou peuvent-elles aussi correspondre, et si oui de quelle manière, à une amélioration de la qualité de celui qui les cherche et les trouve ?
La prétention morale de la connaissance, qui est un thème traditionnel de la philosophie malgré l’apparente séparation des domaines de la connaissance et de la morale, devra ou bien être détruite, ou bien être confortée.




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