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EXEMPLES DE RECHERCHE
Extrait du corrigé : Aristote remarque ainsi que chaque homme à plaisir dans l'usage de ses sens au-delà de toute considération utilitaire sur les choses qu'il perçoit. Dès cette connaissance rudimentaire, qui n'est qu'une connaissance de fait, le savoir est visé pour lui-même. De plus, à un niveau supérieur de connaissance, la connaissance des rapports entre les phénomènes, le savoir devient pour Aristote source de joie. Plus proche de nous on peut ainsi penser à Einstein qui disait malicieusement de sa théorie de la relativité générale, et ce, avant toute confrontation et tentative d'application à l'expérience, qu'elle ne pouvait être que vraie tant elle était belle. Il s'accordait ainsi, par delà les siècles avec Aristote, en montrant le plaisir intellectuel que provoquait la découverte scientifique : le savoir n'est visé que pour lui-même, pour la satisfaction et le plaisir qu'il procure. B- C'est ainsi que Descartes se demandant dans le Discours de la méthode, quelle est la vie bonne, se décide à cultiver son esprit car c'est ce qui fait la spécificité de l'homme : le savoir en tant que finalité de notre esprit vaut d'être recherché pour lui-même car c'est par lui que l'on est pleinement humain. Transition : Toutefois, on peut nuancer la position d'Aristote, certes le savoir vaut pour lui-même mais confère tout de même une certaine puissance, il n'est pas totalement désintéressé : libération des opinions et des préjugés par exemple. C'est ainsi que chez Platon le philosophe est roi car il détient le savoir. De plus, c'est par les développements scientifiques amorcés par ce même Descartes (et par Galilée et Bacon) que commence à être remis en question cet idéal de science contemplative. En effet, pour Descartes, la science se doit d'avoir une utilité pratique ; Galilée quant à lui, scellera l'alliance des scientifiques et des ingénieurs : la science deviendra recherche de puissance au sens où elle permet à l'homme une plus grande maîtrise de la nature mais aussi au sens où « science d'où prévoyance ; prévoyance d'où action » comme dira Auguste Comte bien plus tard.
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Le corrigé du sujet " Le développement des sciences est-il la recherche du savoir ou de la puissance ?" a obtenu la note de : 









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vérité développement connaître savoir partir n'existe régimes est-ce démocratie toute recherche objectivité sciences l'homme aucune penser mort amour autrement pouvons-nous l'efficacité établie nous-mêmes science qu'il justifiée connaissance opinions meilleur autrui scientifique par admettre seulement conduit qu'à puissance définitivement comme renoncer recevables
On entend par sciences, en un sens très large, toutes les disciplines élaborant une connaissance purement rationnelle du monde. Le ‘développement des sciences' est le processus par lequel les sciences progressent, en créant les conditions de cette progression et en en tirant des acquis nouveaux.
On demande ici quel est l'objet de cette recherche du progrès scientifique : est-il un savoir, c'est-à-dire une plus grande connaissance du monde, sans que le souci de l'application de cette connaissance soit pris en compte ? ou est-il une puissance, c'est-à-dire l'augmentation d'un pouvoir, pouvoir sur le monde (et alors la science pourrait alors être comprise comme étant au service d'un progrès technique permettant à l'homme une plus grande prise sur le monde), pouvoir sur les autres (on pourrait concevoir une sorte d'organisation sociale du savoir scientifique, ceux qui le possèdent étant puissants sur les autres et ceux qui ne le possèdent pas étant nécessairement soumis) ? La distinction entre ‘recherche fondamentale' et ‘recherche appliquée' recoupe ainsi la distinction du sujet entre ‘savoir' et ‘puissance'.
Il faudra donc proposer une définition des buts de la science dans le cadre de l'alternative proposée par le sujet : savoir ou puissance ?
Laplace, Essai philosophique sur les probabilités
« Nous devons donc envisager l'état présent de l'univers comme l'effet de son état antérieur et comme la cause de celui qui va suivre. Une intelligence qui, pour un instant donné, connaîtrait toutes les forces dont la nature est animée et la situation respective des êtres qui la composent, si d'ailleurs elle était assez vaste pour soumettre ces données à l'analyse, embrasserait dans la même formule les mouvements des plus grands corps de l'univers et ceux du plus léger atome ; rien ne serait incertain pour elle, et l'avenir, comme le passé, serait présent à ses yeux. L'esprit humain offre, dans la perfection qu'il a su donner à l'astronomie, une faible esquisse de cette intelligence. Ses découvertes en mécanique et en géométrie, jointes à celles de la pesanteur universelle, l'ont mis à portée de comprendre dans les mêmes expressions analytiques les états passés et futurs du système du monde. En appliquant la même méthode à quelques autres objets de ses connaissances, il est parvenu à ramener à des lois générales les phénomènes observés et à prévoir ceux que des circonstances données doivent faire éclore. Tous ses efforts dans la recherche de la vérité tendent à le rapprocher sans cesse de l'intelligence que nous venons de concevoir, mais dont il restera toujours infiniment éloigné. »
Kostas Askelos, Pour une éthique problématique
« Apparemment, technique et sciences se passent de l'éthique : elles l'expliquent, psychologiquement, historiquement, sociologiquement, et prétendent rendre effectifs ses anciens commandements, dans le processus transformant homme et monde. Psychologie et sociologie, surtout, dévorent avec grand appétit la sphère éthique. Le moral est produit par le social, décrète-t-on, à juste titre d'ailleurs. Sans voir toutefois que le social est aussi produit par le moral. Quasi symétriquement le moral est un résultat du psychique qu'il forme, informe et déforme. Faisant tout cela, sciences et techniques obéissent néanmoins à une éthique inélucidée. Ni les visées, ni les méthodes, ni les contenus de l'activité technoscientifique à l'exception peut-être de la sphère mathématique pure ne sont neutres : ils véhiculent une orientation, des « partis pris » initiaux, des intérêts, des idéologies.
De plus, là où cette activité ne croit viser que l'efficacité pratique, elle continue à être mue par une curiosité et une inquiétude qui la propulsent toujours vers l'exploration et l'exploitation de tout ce qui est, que ce soit de manière intéressée ou gratuite si l'on peut maintenir cette distinction -, que cela rapporte et transforme dans le présent ou que cela prépare un lointain avenir. Les recherches et les enquêtes spatiales, par exemple, ont moins de justification pratique immédiate elles n'en sont pas tout à fait dépourvues que d'intérêt apparemment gratuit, tendant à remplir le « vide », tant cosmique qu'humain.
Elles obéissent à la philosophie théorique et pratique de la modernité : devenir maître et possesseur de tout ce qui est, transférer vers le haut les problèmes insolubles d'ici-bas, affronter le néant. L'éthique de la volonté de puissance et de la volonté de volonté qui régit l'homme moderne et la technique planétaire se manifeste dans toutes les branches du savoir et de la science, théoriquement et pratiquement, pendant que sciences et technique veulent prendre en charge l'éthique, la constituer, la réglementer. Que devient dans cette configuration le problème éthique ? Quel est le lieu à partir d'où rayonne sa question ? Ce problème et ce lieu subsistent-ils encore, ou sont-ils d'ores et déjà organisés et administrés technoscientifiquement ? »
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