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Extrait du corrigé : Pour Nietzsche le socialisme pactise avec le « nihilisme » : il participe de la même idéologie égalitaire qui interdit aux distinctions de se faire jour, aux fortes individualités d'accomplir leurs oeuvres. En un sens, Nietzsche reste proche des modèles grecs et romains, cad de sociétés inégalitaires où la possibilité d'affirmation et de formation de soi-même des uns est corrélative de l'exploitation des autres. Nietzsche se réclame d'une « morale » aristocratique, même si l'aristocratie ici est celle de l'esprit.« Le besoin nous contraint au travail dont le produit apaise le besoin : le réveil toujours nouveau des besoins nous habitue au travail. Mais dans les pauses où les besoins sont apaisés et, pour ainsi dire, endormis, l'ennui vient nous surprendre. Qu'est-ce à dire ? C'est l'habitude du travail en général qui se fait à présent sentir comme un besoin nouveau, adventice : il sera d'autant plus fort que l'on est plus fort habitué à travailler, peut-être même que l'on a souffert plus fort des besoins. Pour échapper à l'ennui, l'homme travaille au-delà de la mesure de ses propres besoins ou il invente le jeu, cad le travail qui ne doit apaiser aucun autre besoin que celui du travail en général. Celui qui est saoul du jeu et qui n'a point, par de nouveaux besoins, de raison de travailler, celui-là est pris parfois du désir d'un troisième état, qui serait au jeu ce que planer est à danser, ce que danser est à marcher, d'un mouvement bienheureux et paisible : c'est la vision de bonheur des artistes et des philosophes. »Nietzsche, « Humain, trop humain », $611).
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Le travail, par définition et par étymologie, est présenté comme cet instrument de torture (tripalium), comme une malédiction divine ("Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front") et de façon plus moderne, le travail est aliénantion. Le travail est ainsi défini négativement : le travail redresse-t-il l'homme? Le travail doit-il punir ou surveiller les hommes, les tenir "en joue"? Le travail est-il donc la meilleure des polices? La police est une organisation, un ensemble de règles imposées aux citoyens afin de faire régner l'ordre et la sécurité. Que serait un monde sans police, sans travail. L'Homme est-il donc fait nécessairement pour travailler? Un monde sans travail serait donc impossible?
173. Les apologistes du travail. Dans la glorification du « travail », dans les infatigables discours sur la « bénédiction » du travail, je vois la même arrière-pensée que dans les louanges adressées aux actes impersonnels et utiles à tous : à savoir la peur de tout ce qui est individuel. Au fond, on sent aujourd'hui, à la vue du travail - on vise toujours sous ce nom le dur labeur du matin au soir -, qu'un tel travail constitue la meilleure des polices, qu'il tient chacun en bride et s'entend à entraver puissamment le développement de la raison, des désirs, du goût de l'indépendance. Car il consume une extraordinaire quantité de force nerveuse et la soustrait à la réflexion, à la méditation, à la rêverie, aux soucis, à l'amour et à la haine, il présente constamment à la vue un but mesquin et assure des satisfactions faciles et régulières. Ainsi une société où l'on travaille dur en permanence aura davantage de sécurité : et l'on adore aujourd'hui la sécurité comme la divinité suprême.
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