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Sujet : Le travail nous éloigne-t-il de la nature ?

Extrait du corrigé : La dissolution universelle de tout ce qui est fixe, stable et donné chez le valet s'accomplit effectivement de manière concrète dans le service. A la différence du maître pour qui la satisfaction est un état disparaissant, Le valet façonne l'objet, contient l'évanescence pour qu'en demeure une forme, il est « l'activité qui donne forme [...] le pur être pour soi de la conscience qui accède désormais, dans le travail et hors d'elle-même, à l'élément de la permanence ; la conscience travaillante parvient donc ainsi à la contemplation de l'être autonome, en tant qu'il est elle-même. » La crainte du maître ainsi que le travail permettront au valet d'atteindre l'être pour soi, car avant cela il n'est qu'objet pour le maître. Désormais le valet est par le travail maître de la nature, et n'y est plus subordonné comme il l'était lors de son état animal. Le travail est libération de soi vis-à-vis de la nature donnée, mais aussi vis-à-vis de sa propre nature d'esclave. Le travail éduque l'homme en refrénant ses désirs, à la différence du maître qui jouit insatiablement de ce qu'il désire. Le valet se voit contraint de refouler ses désirs, sa nature instinctive, et les sublime dans la transformation des choses, et non dans la destruction immédiate. Cette « activité formative » est la caractéristique de l'être pour soi pur de la conscience, où la conscience aura l'intuition d'elle-même dans ce qu'elle contemple, en ce sens que la réalisation de la chose est le produit de la conscience façonnante, son idée, son projet. C'est en transformant le monde naturel selon ses intentions que l'homme prend conscience de sa valeur, de sa réalité humaine initiatrice de progrès et de dynamisme dans le temps et dans l'espace, dans l'Histoire et dans le Monde. L'activité du travail est aussi fonction de libération de la peur, de l'angoisse que le valet a éprouvé depuis sa lutte avec le maître.

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Définitions

  • travail : Du latin populaire tripalium, «machine à trois pieux » destinée à immobiliser les chevaux pour les ferrer, d'où « instrument de torture ». Toute activité visant à la production d'une oeuvre utile. Spécialement, ensemble des activités accomplies par l'homme pour produire des biens et des services en contrepartie desquels il est rémunéré. * Le travail est souvent associe a la peine et a la souffrance. Dans la Bible d'ailleurs, Dieu punit le premier péché en chassant Adam du jardin d'Eden et en l'obligeant à cultiver désormais une terre stérile : « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front ». * Pour Marx, le travail humain contribue à transformer l'homme tout autant que la nature. En effet, contrairement à l'animal, qui agit par pur instinct, l'homme détermine dans sa conscience le but qu'il veut atteindre avant de le réaliser. « Ce qui distingue dès l'abord le plus mauvais architecte de l'abeille la plus experte, écrit Marx, c'est qu'il a construit la cellule dans sa tête avant de la construire dans la ruche. » * Le travail salarié constitue, selon Nietzsche, « la meilleure des polices » : « il tient chacun en bride et s'entend à entraver puissamment le développement de la raison, des désirs, du goût de l'indépendance ».
  • nature : 1° L'inné par opposition à l'acquis (nature opposée à culture, ou chez les anthropologues anglo-saxons nature opposée à nurture); 2° Essence, ensemble des propriétés qui caractérisent un objet ou un être (la nature de l'homme par exemple); 3° L'ensemble des phénomènes matériels, liés entre eux par des lois scientifiques. En ce sens, le naturel peut s'opposer au surnaturel qui désigne une intervention transcendante de la divinité; 4° Spinoza distingue la nature naturante, c'est-à-dire la substance infinie et la nature naturée, les divers modes par lesquels s'exprime cette substance. Le mot nature est ambigu. Le naturalisme du xviiie siècle par exemple est contradictoire. D'une part son épistémologie réduit la nature à un mécanisme (des faits soumis à des lois nécessaires) indifférent aux valeurs humaines. D'autre part, sa morale prétend se fonder sur la nature, c'est-à-dire sur des tendances spontanées, supposées bonnes; la nature devient alors la Mère-Nature, une sorte de providence bienveillante.

Problématique

 Pour répondre à cette question, il conviendra de se demander de l’importance de l’opposition entre deux conceptions du travail, celle qui voit dans le travail un bien, un nécessaire éloignement de la nature pour la formation même de la conscience. De l’autre une conception qui voit dans cet éloignement un mal, un oubli de la nature,  un impérialisme, une emprise exercée sur elle et une aliénation de l’homme par le travail, c’est-à-dire le sentiment d’être étranger à soi et aussi à la nature. Entre la tradition issue de Hegel et celle de Marx, notre civilisation devra trouver une troisième voie.



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