Sommes-nous prisonniers du langage ?
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  • Sujet : Sommes-nous prisonniers du langage ?
  • Concepts : Sommes-nous - prisonniers - du - langage - - 1845 -
  • Extrait du corrigé :  »   Saussure, « Cours de linguistique ».   L'analyse de Saussure s'inscrit en droite ligne dans la tradition inaugurée par Hegel (« Vouloir penser sans les mots, c'est une tentative insensée [...] Le mot donne à la pensée son existence la plus haute est la plus vraie »). Dans  la forme, on notera le recours à des métaphores éclairantes : une masse d'eau et sa surface sont rigoureusement inséparables, comme le recto et le verso d'une feuille de papier. Il s'agit de mettre en évidente le caractère tout aussi indissociable des deux composantes du langage oral articulé ; l'ordre des sons (ou du « signifiant ») et celui des idées véhiculées par les mots (ou du « signifié »). C'est le constat, de l'impossible séparation entre les mots et les idées, qui conduit Saussure à décrire la langue comme une réalité dans laquelle « on ne saurait isoler ni le son de la pensée, ni la pensée du son ». Une langue n'est donc pas une collection d'étiquettes sonores ou graphiques servant à la désignation des choses, mais un système de signes « à deux faces ». Pour bien marquer l'absolue complémentarité de ces deux faces, Saussure proposa de nommer signifié la représentation mentale à laquelle renvoie le signe, et signifiant l'image phonique ou graphique associée à chacune de ces représentations (ou concepts). Par exemple lorsque nous prononçons, entendons, lisons ou écrivons le mot « chien », nous faisons en quelque sorte deux choses à la fois : nous pensons à son « signifié » (mammifères quadrupèdes, couvert de poil, qui aboie, etc.), et nous lui adjoignons immédiatement le « signifiant » qui donne à cette représentation une existence matérielle (les sons ou syllabe « ch-i-en »).

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