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Extrait du corrigé : Chez saint Augustin comme chez Kant, le temps est certes considéré comme une réalité, mais une réalité qui n'est pas saisissable par l'homme de manière concrète. Comment peut-on poser, dès lors, une réalité humainement saisissable du temps ? II. Saisie humaine de la réalité du temps Deux mouvements différents ont repensé le temps dans sa réalité humaine, vécue et concrète : Bergson tout d'abord, qui critique notamment la conception scientifique du temps : « Je m'aperçus, à mon grand étonnement, que le temps scientifique ne dure pas, qu'il n'y aurait rien à changer dans notre connaissance scientifique des choses, si la totalité du réel était déployée d'un coup dans l'instantané, et que la science positive consiste essentiellement dans l'élimination de la durée » (Cf. l'Évolution créatrice). C'est justement sur cette notion de « durée » que Bergson va insister pour qualifier un temps vrai, vécu, réel. Pour s'approcher de celui-ci, il faut préalablement se défaire de deux conceptions fausses du temps. D'abord celle de la métaphysique, qui cherche à nous faire saisir, « sub specie aeternitatis » (du point de vue de l'éternité), des « essences » (réalités impalpables) immuables, et ce faisant nous a coupé de la « durée » réelle, vécue, humaine. Ensuite la conception scientifique qui, selon Bergson, nous détourne également de la « durée » par ses constructions symboliques du monde, dans lesquelles l'avenir et le présent sont contemporains. Il s'agit au contraire de redéfinir la réalité du temps en fonction de son rapport « immédiat » avec la sensibilité et la conscience humaines.
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