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EXEMPLES DE RECHERCHE
Extrait du corrigé : Lorsque je refuse de juger autrui, je refuse de juger ses actions comme les miennes, je nie leur valeur. « Il est [...] au fond des âmes un principe inné de justice et de vertu, sur lequel, malgré nos propres maximes, nous jugeons nos actions et celles d'autrui comme bonnes ou mauvaises, et c'est à ce principe que je donne le nom de conscience. » Rousseau, Émile ou De l'éducation. · Selon Rousseau, nous portons un jugement en conscience. Ce jugement nous permet donc d'évaluer, de dire ce qui est bon ou mal, selon nous. Si nous refusons de porter ce jugement, nous refusons, du même coup de prendre conscience des choses, d'être conscient de ce qui se produit. · Et, si le refus de juger tout actes, les siens comme ceux des autres et présent, comment admettre que l'on puisse encore respecter quoi que ce soit ? 2. Qu'est ce que le respect, si ce n'est un jugement ?
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Analyse.
· Le sujet qui nous est présenté ici nous met face à plusieurs notion importantes en philosophique : autrui, le respect, le jugement. Il nous faudra donc, dans un premier temps, apporter une définition de ceux-ci :
o Autrui. Pour définir autrui de façon sommaire, nous devons admettre en l’autre une tension, entre son identité avec nous et son altérité. On ne peut définir en effet autrui comme étant soi-même absolument, sans quoi il n’a plus lieu d’être : c’est moi. On ne peut non plus y voir un autre absolument différent, au risque de l’exclure.
o Le respect. C’est avant tout une pise en considération. Lorsque l’on respecte autrui, on prend en considération ses actes et ses paroles. Par le respect, il faut aussi entendre une reconnaissance de valeur à l’autre, qui modifie notre conduite vis-à-vis de lui.
o Juger. Lorsque l’on juge, on estime. Juger, c’est trancher, donner une valeur, dire si ce que l’on juge est bon ou mauvais. Juger une personne consiste à se faire une opinion sur elle. Par le jugement, nous portons donc une considération sur les personnes, sur ce qu’elles sont, ou sur ce que nous supposons qu’elles soient.
· Nous voyons de suite le problème engendré par notre question. Lorsque l’on respecte quelqu’un c’est qu’o l’en juge digne. Comment, alors, pourrions-nous respecter quelqu’un sans le juger ?
· De plus, nous avons un dernier terme à prendre en compte. L’interdiction. Notre question porte ne effet sur le choix conscient de se priver d’un jugement envers autrui pour pouvoir le respecter.
· C’est à la fois dans la nature de cet interdit, et dans la signification du mot respect que nous devrons trouver les réponses à ce sujet.
Problématisation.
L’homme n’aime pas porter le regard sur ses semblables. Peut-être parce qu’il s’y voit, il juge très souvent sévèrement autrui, s’empêchant de lui porter, finalement, le respect qui lui est dû. Mais alors, respecter autrui, est-ce s’interdire de le juger ?
« Une personne est ce sujet dont les actions sont susceptibles d'imputation. » Kant, Doctrine du droit, 1797.
« Les êtres raisonnables sont appelés des personnes, parce
que leur nature les désigne déjà comme des fins en soi. » Kant, Fondements de la métaphysique des moeurs, 1785.
« L'homme, et en général tout être raisonnable, existe comme fin en soi, et non pas simplement comme moyen dont telle ou telle volonté puisse user à son gré. » Kant, Fondements de la métaphysique des moeurs, 1785. Respecter l'autre, c'est m'interdire de l'utiliser comme un simple moyen pour parvenir à mes fins. Je ne respecte l'autre qu'en tant que je respecte en lui la nature raisonnable de l'humanité, qui est à elle-même sa propre fin.
« Agis de telle sorte que tu traites l'humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen. » Kant, Fondements de la métaphysique des moeurs, 1785.
« Il appartient à la culture, à la pensée comme conscience que l'individu prend sous la forme de l'universel, que je sois saisi comme personne universelle : en celle-ci tous sont identiques. L'homme a cette valeur parce qu'il est homme, non parce qu'il est juif, catholique, protestant, allemand, italien, etc. » Hegel, Principes de la philosophie du droit, 1821. Tout sujet a droit à être reconnu, au-delà de la communauté nationale, politique ou religieuse à laquelle il appartient, comme personne universelle.
« Dans la mesure où chacun est reconnu comme une essence libre, il est une personne. C'est pourquoi le principe du droit peut s'énoncer aussi de cette manière : chacun doit être traité par autrui comme une personne. » Hegel, Propédeutique philosophique, 1840 (posth.)
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