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Extrait du corrigé : Le juge ne représente pas, en effet, la partie lésée, mais l'État et la société, et son jugement doit être impartial. Son impartialité repose d'abord sur le principe qu'il est extérieur au litige ou au délit, c'est-à-dire qu'il n'appartient ni au parti de la victime ni à celui du coupable. On pourrait cependant se demander si parfois le droit ne revêt pas le caractère de la vengeance, sans se présenter ouvertement comme telle.Lorsqu'une « justice » sans procès ou sans parole donnée à la défense s'exerce, comme par exemple dans un État tyrannique, n'a-t-on pas affaire à une vengeance qui se fait passer pour une punition ?Hegel nous montre que de telles situations existent et qu'une telle justice n'est alors qu'une vengeance déguisée, car elle ne délibère pas et applique un équilibre aveugle et injuste qu'on retrouve souvent dans les vengeances privées. Elle suscite alors à son tour de nouvelles vengeances en inspirant chez celui qui a été puni ou chez ses proches un profond sentiment d'injustice qui les transforme eux aussi en « partie lésée ».Ce processus peut se poursuivre à l'infini, comme dans les vendettas interminables qui opposent parfois des familles entières sur plusieurs générations. Or le droit a précisément pour fonction, en rendant la justice, de mettre fin à ce cycle infernal. ■ CITATIONS: « On ne peut déterminer rationnellement [...] si, pour être conforme à la justice, il faut, pour un délit, infliger [.
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Par la punition, on inflige à quelqu'un un châtiment en expiation d’une faute. La punition est donc, comme la vengeance, un mal du point de vue de celui qui la subit. Pour autant, la vengeance suppose une véritable intention de nuire. Celui qui se venge ne le fait pas par sens de la justice, mais parce qu’il éprouve le besoin de voir l’autre souffrir. La punition se présente au contraire bien souvent sous l’aspect d’une loi : loi positive lorsque la punition est sanctionnée par un tribunal, loi parentale lorsqu’elle est décidée par un des deux parents. Mais pour autant, le principe même de la punition, qui consiste à faire faire à la personne coupable un acte qui lui est pénible (l’enferment carcéral, les travaux forcés, les phrases que l’écolier doit recopier cent fois…) n'est-il pas contradictoire ? Ne consiste-t-il pas à faire du mal à celui qui a fait du mal, et ainsi à se montrer soi-même coupable d’un dommage ? Celui qui punit n’entre-t-il pas finalement toujours dans le cercle vicieux de la volonté de faire le mal ? N’est-il pas toujours animé d’un désir de nuire semblable à celui du coupable, qui les met sur un même plan et fait de toute punition une vengeance motivée par les passions ? La question centrale est donc de savoir si entre punition et vengeance, il y a une différence autre que celle de l’institutionnalisation et de la justification de la première, par opposition à l’arbitraire de la seconde.
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