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EXEMPLES DE RECHERCHE
Extrait du corrigé : .. » répète la chanson, rappelant que les serments d'amour n'engagent que les naïfs. Mais on ne peut pas en rester à des constations aussi triviales. Ce serait déjà un premier progrès que de se demander comment le mot renvoie à la chose qu'il désigne. Nous parlions à l'instant d«< image » verbale. Mais si l'image est bien différente du modèle, il reste que de l'une à l'autre existe au moins une relation de ressemblance : je peux me faire une idée à peu près exacte de la physionomie de Pierre à partir de son portrait. Or le mot, lui, ne ressemble en rien à la chose qu'il désigne, comme le prouve le fait que des langues différentes emploient des mots différents pour dire les mêmes choses. Le mot ne serait donc même pas une véritable image, tout au plus une simple marque de convention. Et c'est parce que le lien qui les relie est extérieur que l'on sera tenté tout naturellement de faire du mot le négatif de la chose. Nul doute, par conséquent : les mots sont éloignés des choses.II.
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Analyse.
· Le sujet que nous avons ici nous propose deux notions qui sont intimement liées : le mot et la chose.
o Le mot, dans sa définition stricte, est un son ou groupe de son correspondant à un sens. Le mot signifie donc quelque chose.
o La chose, elle se définit comme ce qui existe, ce qui est concevable comme un objet unique.
· Ainsi, le mot et la chose paraissent-ils inséparables : le mot ne peut avoir un sens que s'il désigne un objet donné, la chose donc ; et cette dernière ne peut être connue ou reconnue que par la signification que l'on en donne, par le mot.
· Pourtant, notre sujet pose une question opposée : le mot pourrait non éloigner de la chose. Il faut donc voir dans cette question la possibilité que, tout en signifiant quelque chose (sans quoi nous ne parlerions plus d'un mot), le mot puisse ne pas rapporter la chose mais au contraire l'éloigner de nous.
· Cette question ne peut se poser que dans le rapport du mot et de la chose à nous même. En effet, la chose se présente immédiatement à la sensation, alors que le mot est un signe que nous-mêmes nous produisons, une médiation donc.
· Ce qui pose donc problème ici est le rapport même du mot à la chose. Indispensable, semble –t-il, pour en donner la signification, le mot est une médiation qui permet à l'homme de décrire, de signifier ce qui est immédiat.
· Mais on ne peut se résoudre à ce questionnement sans aller plus loin. En quoi est-il nécessaire de passer par les mots pour dire ce qu'est la chose, si celle-ci se présente immédiatement à la sensation ?
· Parce que la sensation nous informe sans nous faire connaitre. La chose est connue par les sens, mais on ne sait ce qu'elle est, de manière ferme est complète, que lorsque l'on peut la définir. C'est là le travail des mots.
· Ainsi, nous devrons, dans le sujet présent, conserver à l'esprit que la connaissance que nous pouvons avoir est définitionnelle, donc permise par les mots. De là, les choses auront la nécessité de passe aussi par eux pour se faire connaitre entièrement. D'où la tension que nous rencontrons dans le sujet.
Problématisation.
Toute chose se fait connaitre premièrement par la sensation. Cependant, nous ne connaissons réellement que par une définition, formée par des mots. Aussi, en toute logique, nous pourrions penser que toute chose ne se connaît parfaitement que par les mots. Mais ces mots ne sont pas les choses elles-mêmes. Alors connaitre les mots, est-ce connaitre les choses ? Définir une chose qui se fait premièrement connaître par la sensation, n'est ce pas nous en détacher complètement ? Les mots nous éloignent-ils des choses ?
Il n'y a pas de pensée sans langage. Mais qui n'a pas fait l'expérience de « chercher ses mots » ?
Cette expérience témoigne de l'existence d'une pensée antérieure à la parole, d'une antériorité à la fois de temps et de causalité. Il y a là quelque chose que nous pensons comme un « encore à dire », une sorte de pensée antérieure à tout discours, même intérieur. Tantôt nous ne trouvons pas les mots pour le dire soit parce que, jusqu'à présent, cela n'a pas encore été dit et qu'il faudrait avoir recours à des mots nouveaux, soit parce que notre pensée refuse de faire surface et d'émerger des profondeurs de l'esprit. Tantôt nous trouvons les mots, mais, une fois ceux-ci trouvés, nous avons le sentiment que le langage a pacifié notre pensée, qu'il l'a faite passer à l'être et au repos, voire qu'il l'a pétrifiée.
Dans le langage, notre pensée a son « domicile », elle se possède elle-même ; la pensée est un désir que le langage satisfait, mais cette satisfaction ne peut être que provisoire. Dans la mesure où le mouvement tend vers le repos, la volonté vers l'habitude, la satisfaction du mot est provisoire puisque le mot est fixe tandis que la pensée est dynamique.
Le mot réalise donc la pensée, lui donne une extériorité mais en même temps il la réalise sous une forme particulière qui va exclure d'autres formes. Le mot n'est qu'une des possibilités de la pensée, il n'est qu'un vêtement. Le mot est plat, précis, net déterminé et n'a aucune auréole. La pensée est toujours plus nuancée, plus riche. La pensée est toujours plus profonde que le langage. Il y a donc un ineffable qui n'est pas seulement le monde du coeur ou des sentiments mais qui est aussi la pensée –cette pensée qui ne peut être traduite par les mots.
« C'est dans le mot que nous pensons. Nous n'avons conscience de nos pensées, nous n'avons de pensées déterminées et réelles que lorsque nous leur donnons la forme objective, que nous les différencions de notre intériorité [...]. C'est le son articulé, le mot, qui seul nous offre une existence où l'externe et l'interne sont intimement unis. Par conséquent, vouloir penser sans les mots est une tentative insensée. On croit ordinairement, il est vrai, que ce qu'il y a de plus haut, c'est l'ineffable. Mais c'est là une opinion superficielle et sans fondement ; car en réalité, l'ineffable, c'est la pensée obscure, la pensée à l'état de fermentation, et qui ne devient claire que lorsqu'elle trouve le mot. Ainsi le mot donne à la pensée son existence la plus haute et plus vraie. » Hegel, in « Philosophie de l'esprit ».
Nous ne voyons pas les choses mêmes ; nous nous bornons, le plus souvent, à lire des étiquettes collées sur elles. Cette tendance, issue du besoin, s'est encore accentuée sous l'influence du langage. Car les mots (à l'exception des noms propres) désignent des genres... Et ce ne sont pas seulement les objets extérieurs, ce sont aussi nos propres états d'âme qui se dérobent à nous dans ce qu'ils ont d'intime, de personnel, d'originalement vécu. Quand nous éprouvons de l'amour ou de la haine, quand nous nous sentons joyeux ou tristes, est-ce bien notre sentiment lui-même qui arrive à notre conscience avec les mille nuances fugitives et les mille résonances profondes qui en font quelque chose d'absolument nôtre : Nous serions alors tous romanciers, tous poètes, tous musiciens. Mais le plus souvent, nous n'apercevons de notre état d'âme que son déploiement extérieur. Nous ne saisissons de nos sentiments que leur aspect impersonnel, celui que le langage a pu noter une fois pour toutes parce qu'il est à peu près le même, dans les mêmes conditions, pour tous les hommes. Ainsi, jusque dans notre propre individu, l'individualité nous échappe. Nous nous mouvons parmi des généralités et des symboles. Bergson
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