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Extrait du corrigé : On dira par exemple qu'un tableau abstrait ne représente rien de connu. L'abstraction est déréalisationA force de parler d'un objet sans se référer aux propriétés sensibles qui le constituent, nous acquérons une vision déformée des choses, comme à travers un écran translucide. L'abstraction inflige une violence à la réalité dont elle ne sort pas indemne. Bergson verra dans l'intelligence et dans le langage des facultés masquant la réalité vivante et bigarrée des choses. "Quelle est la fonction primitive du langage ? C'est d'établir une communication en vue d'une coopération. Le langage transmet des ordres ou des avertissements. Il prescrit ou il décrit. Dans le premier cas, c'est l'appel à l'action immédiate ; dans le second, c'est le signalement de la chose ou de quelqu'une de ses propriétés, en vue de l'action future. Mais, dans un cas comme dans l'autre, la fonction est industrielle, commerciale, militaire, toujours sociale.
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La réalité, communément définie comme « ce qui est », ou « ce qui est réel » (et non imaginaire), désigne ainsi tout fait observable par les sens, tous les phénomènes (physique, organique, chimique etc.) et l’ensemble des choses qui structurent le monde. La philosophie est elle-même née d’une réflexion sur la réalité, puisque l’homme, soucieux de saisir le sens des phénomènes qui se présentaient à lui, et décidé à porter moins de crédit aux mythes dont les explications pouvaient s’avérer pour le moins douteuses, s’employait à déterminer les lois rendant possibles tel type de phénomène, lois découlant du constat d’une certaine régularité à l’œuvre dans la nature. L’homme s’évertua alors à définir la structure du réel, ce qui la rend intelligible, c’est-à-dire compréhensible pour une conscience humaine. Et dès l’Antiquité, les philosophes donnèrent à cet agencement harmonieux qu’est la nature le terme de « Logos ». C’est de là que provient le logique proprement dit, puisqu’il doit être le reflet de la raison à l’œuvre dans la connaissance des principes. Mais un débat capital s’est élevé dans l’histoire de la philosophie, puisque les avis divergeaient sur ce qui pouvait permettre de comprendre le réel, sur le véritable lieu de sa logicité : c’est le débat entre rationalisme et empirisme. Pour le premier, l’homme peut connaître la structure de la réalité à partir de la seule pensée et de ses principes (Descartes, Spinoza, Leibniz) ; pour le second, le fondement de la connaissance se trouve dans l’expérience sensible (Locke, Hume etc.). Peut-on ainsi dépasser cette alternative et montrer que la réalité n’est logique qu’au regard d’un rapport sujet/objet où aucun des termes n’est lésé ?
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