- Sujet : Faut-il travailler plus ?
- Concepts : Faut-il - travailler - plus - 7427 -
- Extrait du corrigé : En ce domaine, la seule liberté possible
est que l'homme social, les producteurs associés règlent rationnellement
leurs échanges avec la nature, qu'ils la contrôlent ensemble au lieu d'être
dominés par sa puissance aveugle et qu'ils accomplissent ces échanges en
dépensant le minimum de force et dans les conditions les plus dignes, les
plus conformes à leur nature humaine. Mais cette activité constituera
toujours le royaume de la nécessité. C'est au-delà que commence le
développement des forces humaines comme fin en soi, le véritable royaume de
la liberté qui ne peut s'épanouir qu'en se fondant sur l'autre royaume, sur
l'autre base, celle de la nécessité.
Marx et Engels
Et enfin - la division du travail nous en offre tout de suite le premier
exemple - l'action propre de l'homme devient pour l'homme une puissance
étrangère, opposée, qui l'asservit, au lieu que ce soit lui qui la maîtrise,
tant que les hommes se trouvent dans la société naturelle, donc tant que
subsiste la scission entre l'intérêt particulier et intérêt commun, et que
l'activité n'est pas divisée volontairement mais du fait de la nature. Dès
l'instant où l'on commence à répartir, chacun a une sphère d'activités
déterminée et exclusive qu'on lui impose et dont il ne peut s'évader ; il
est chasseur, pêcheur, berger ou critique critique », et il doit le rester
sous peine de perdre les moyens de subsistance - alors que dans la société
communiste, où chacun, au lieu d'avoir une sphère d'activités exclusive peut
se former dans la branche qui lui plaît ; c'est la société qui dirige la
production générale qui me permet de faire aujourd'hui ceci, demain cela, de
chasser le matin, d'aller à la pêche l'après-midi, de faire l'élevage le
soir et de critiquer après le repas, selon mon bon plaisir, sans jamais
devenir chasseur, pêcheur ou critique. Cette fixation de l'activité sociale,
cette consolidation de notre propre produit en une puissance matérielle qui
nous domine, qui échappe à notre contrôle, qui contrarie nos espoirs et qui
détruit nos calculs, est l'un des moments principaux du développement
historique passé. [...] La puissance sociale, c'est-à-dire la force
productive décuplée résultant de la coopération imposée aux divers individus
- dont la coopération n'est pas volontaire mais naturelle - non pas comme
leur propre puissance conjuguée, mais comme une puissance étrangère, située
en dehors d'eux dont ils ne connaissent ni la provenance ni la destination,
si bien qu'ils n'arrivent plus à la dominer. Au contraire, cette puissance
traverse une série de phases et de stades particuliers, série indépendante
de la volonté et de la marche des hommes au point qu'elle dirige cette
volonté et cette marche. Naturellement, cette aliénation pour rester
intelligible aux philosophes, ne peut être surmontée qu'à double condition
pratique.
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